Mutualisation du génie civil

De wikifibre
Aller à : navigation, rechercher
Partage de fouille entre électricité et télécoms

La mutualisation du Génie-Civil couvre deux types de réalisations, bien distinctes dans leur mise en œuvre et pas dans leur but: réduire les coûts, économiser des ressources, maximiser l'utilisation d'un unique ouvrage au lieu de plusieurs.

  • La mutualisation de la réalisation d'ouvrages, pouvant donner lieu à plusieurs ouvrages distincts au même endroit
  • La mutualisation d'un unique ouvrage existant.

Ces deux points sont traités ici, voyons la réponse au comment ? et combien ?

Hypothèses et objectifs

Qu'il s'agisse de mutualiser un ouvrage existant ou d'en réaliser un ou plusieurs dans la même emprise n'est pas le propre des travaux souterrains, tous les emplacements mobilisables - y compris les artères aériennes - sont éligibles à des études de ce type.
L'opportunité de la mutualisation apparait en phase d'avant projet ou d'étude. Lorsque le lancement des travaux est constaté, il est déjà trop tard, les budgets, ressources et autorisations ayant déjà été mobilisés bien avant pour exécuter les ouvrages.

Optimiser l'empreinte de son infrastructure est un choix permettant de répondre aux besoins de réduction des coûts financiers et environnementaux dans le déploiement de nos réseaux, quelle que soit l'utilité concernée.
La réduction du CAPEX constatée habituellement est d'un tiers, cela dépend évidemment des techniques et de l'environnement en jeu.

Moyens mobilisables

Plusieurs outils sont dès à présent à notre disposition et attendent d'être plus largement utilisés. Ils concernent autant la réalisation des études et la détection d'opportunités que les ouvrages à exploiter.

Articles L49 et L50 du CPCE

GC mutualisation2.jpg

La surveillance de ces publications est une tâche nécessaire pour identifier de bonnes opportunités. Idéalement la vérification et le suivi doivent être fait par la MOA, sur les conseils d'une assistance qu'il aura éventuellement souscrit. La mention et résultat de ce suivi dans les études de faisabilité devrait également être une obligation, le dispositif n'a d'intérêt que si il est utilisé.

Ci-contre l'exemple d'une fouille partagée entre RTE, le distributeur d'électricité local et le déploiement du RIP télécom local.
Cette mutualisation a été permise par le dispositif L49 et la connaissance préalable du programme de déploiement du RIP.

Ouvrages secs

Les galeries techniques, idéalement multi-réseaux, peuvent accueillir de nouvelles installations bien des années après leur construction. Plusieurs villes en France présentent des infrastructures bien développées.
D'autres sites peuvent être utilisés : les façades, les vides souterrains ou les tabliers de ponts.

La mutualisation est possible à conditions que ces ouvrages soient connus et qu'une offre soit écrite pour permettre leur utilisation. C'est l'objet de l' article L50 du CPCE.

Ouvrages abandonnés

GC Mutualisation cana.jpg

Principalement dans le domaine souterrain, les ouvrages abandonnés peuvent être support de nouvelles infrastructures, à condition de disposer de leur inventaire où d'avoir connaissance de leur abandon à venir.
L'illustration ci-contre montre l'utilisation d'une ancienne conduite d'eau (brute ou potable, peu importe), utilisée comme support pour l'installation de fourreaux PEHD destinés aux réseaux télécoms. Ainsi la pérennité de l'intégrité mécanique de la conduite importe moins, c'est un moyen mobilisé à l'instant t pour faciliter et regrouper le passage de fourreaux en quantité raisonnable.
Il est également possible de renforcer l’ensemble en noyant les fourreaux avec du ciment dans la conduite pour annuler ainsi tout risque d'effondrement du à une charge excessive sur un conduit en fonte fragilisé avec le temps.
Bien souvent, la solidité de ces ouvrages en métal ou en béton protège d'autant plus des canalisations pour réseaux secs souples en plastique, plus vulnérables aux coups de pelleteuse.

Ouvrages humides en service

Le recours à des ouvrages pour réseaux humides abandonnés ne doit pas être interprété pour favoriser le passage de câbles quelle qu'en soit la nature dans des réseaux humides en service.
Les interactions entre les câbles télécoms ou énergie et la canalisation hôte en cas de rupture sont trop fortes pour que cette utilisation soit profitable : il faut couper le câble pour changer une portion de conduite.
Les réseaux humides en charge à base d'éléments préfabriqués (les conduites) ne sont pas de bons vecteurs pour y faire circuler des réseaux secs. La situation est toutefois différente en ce qui concerne les galeries en charge, dans lesquelles il est possible de faire passer de la fibre (exemple des ouvrages hydroélectriques de plus en plus utilisés pour la fibre en montagne).

Ouvrages humides en projet

Projet d'enfouissement d'une conduite d'eau ?

IMG 20180726 205231 1.jpg

  • Illlustration : Fourreau PEHD dédié à l'eau, sur cette image pas de mutualisation prévue

Conduites forcées

A compléter

IMG 20181029 111122.jpg

  • Illustration :
    • Fourreau PEHD à proximité immédiate de la conduite forcée

Difficultés

Dans un contexte concurrentiel et siloté entre les utilités, les difficultés surviennent dès la détection d'opportunités. Réglementairement, seuls le domaine des télécoms a fait l'effort d'inscrire dans la loi la déclaration obligatoire des projets à venir pour favoriser la mutualisation. Les faits montrent que cela ne suffit pas et qu'une démarche globale doit bien être réfléchie et mise en œuvre.

Partage des programmes

Favoriser l'apparition d'opportunités se fait bien amont des travaux à exécuter. Il pourrait être nécessaire d'avoir connaissance de futurs travaux un an à l'avance, mais aujourd'hui le délai réglementaire pour les télécoms est de 6 semaines. C'est très limité pour choisir de modifier ses plans voire ses budgets, quand la gestion budgétaire et la planification sont faits plusieurs années en avance.
Il faut donc mettre en place une gestion efficace des programmes, pour ne pas parler de partage des planifications, pour avoir une vision à minimum moyen terme des choses à réaliser.
Des techniques logicielles et une gestion concentrée des différents plans aideront à trouver des réponses à des questions semblant être de bon sens au moment des études.
A ce titre, les développements du CRAIG pour mettre au point la plateforme TAPIR pour centraliser les publications de déclarations L49 pour les télécoms au niveau du porteur du SDANT (ou son délégataire) sont significatifs, mais pas suffisant. Cela ne devrait d'ailleurs pas être propre au domaine des télécoms.

Conscience des bénéfices

Une fois les opportunités mises en valeur, la quantification et l'expression des bénéfices qu'elles peuvent apporter sont peu aisés. Nous avons en corollaire le manque de challenge des coûts que peuvent représenter l’exécution traditionnelle d'ouvrages de génie-civil.
Bien souvent, les décisions sont prises par rapport à un historique et des méthodes bien maitrises, le fameux nous avons toujours fait ainsi. Ici la conduite du changement et l'apparition de nouveaux outils devrait permettre de préférer les choix de mutualisation et pourtant cela n'arrive pas.

Grands projets

Les grands projets nationaux sont des vecteurs privilégiés de mutualisation, parce que leur gouvernance est concentrée sur un plus petit nombre de décideurs. Plusieurs domaines sont aujourd'hui concernés. L'optimisation des travaux à réaliser, pour veiller à la bonne tenue des objectifs ci-dessus d'un part et ne pas éparpiller la connaissance des ouvrages exécutes d'autre part doit être prise au sérieux.

Le Plan France très Haut-Débit

[A compléter]

Le renouvellement des réseaux d'eau potable

Ceci consécutivement à la tenue des Assises de l'eau en 2018.

Les réseaux d'eau potable sont manifestement vieillissants et leur renouvellement soulève beaucoup de questions. De plus en plus de travaux vont être nécessaires pour garantir leur efficacité, réduire les fuites et changer des canalisations qui peuvent parfois dater d'avant 1900.
Comme évoqué plus haut, les réseaux humides souterrains représentent des vecteurs très intéressants pour la mutualisation puisque les ouvrages abandonnés au cours de leur renouvellement ou désinvestissement permettent l'installation de réseaux secs.
Il semblerait opportun de regrouper les travaux de renouvellement des réseaux d'eau potable avec ceux du déploiement de la fibre en zone où le génie-civil fait défaut. En diminuant significativement les coûts unitaire des lignes à déployer et en finançant ainsi une partie des travaux pour le distributeur d'eau potable.

Les opérations de renouvellement de branchements sont également d'intérêt, et non soumises à publication L49, donc le suivi est particulièrement difficile.
Les appels d'offres permettent cette fois-ci de cibler les programmes les plus importants.

Le renouvellement des réseaux d'assainissement

[A compléter]

Déploiement des énergies renouvelables

Ce déploiement ne fait pas l'objet d'un plan d’exécution à proprement parler. Il regroupe toutefois un ensemble de projets cohérents et présentant beaucoup de similitudes : l'installation des centrales solaires ou éoliennes. Des câbles de puissance doivent être installés entre ces centrales et le poste source du réseau de distribution (3x240 mm² HTA habituellement) ou le point d'accès au réseau de transport pour les centrales les plus conséquentes.
Outre la numérisation nécessaire de ces sites de production d'énergie renouvelable, ils sont souvent installés dans la ruralité, qui peut avoir besoin par ailleurs de débit. L'opportunité de ces chantiers initialement destinés à l'installation d'un réseau électrique est tout à fait pertinente pour desservir les bassins d'habitation attenant ou pour établir une sécurisation des réseaux existants.
Voir cet exemple du Parc éolien de la montagne ardéchoise, construction pendant laquelle EDF a mutualisé l'installation de la fibre d'Ardèche-Drôme numérique.

Retour d'expérience

SDES Savoie

Voir aussi